Culture du Maroc

La musique « raï », le blues arabe du Maghreb

Culture du Maroc Le Raï

Depuis 12 ans, la ville marocaine d’Oran tire son chapeau à ce genre musical africain, lui rendant hommage avec le plus grand festival de « raï » du monde, le Festival national de la chanson raï d’Oran. Le raï est apparu au début du XXe siècle pour exprimer la tradition, puis est devenue la chanson subversive des plus jeunes.

Des centaines de styles musicaux dessinent le sol africain, mais il en est un qui est un symbole du Maghreb : le  » raï « . C’est au nord, dans la ville marocaine d’Oran, qu’il est honoré chaque année depuis 2006, lors de son célèbre festival musical de raï.

Les amateurs de ce que l’on appelle le « blues du Maghreb », de par son origine et son ton mélancolique, savent que le rendez-vous est incontournable, mais beaucoup ignorent que la liberté dont ils jouissent a évolué au cours du siècle dernier.

Bien que son origine soit contestée par l’Algérie et le Maroc, il est généralement attribué à la ville algérienne d’Oran, la vérité est que le « raï » est né comme une poésie, qui est devenue plus tard une chanson de protestation vers l’extérieur, mais aussi vers l’intérieur, vers le point de vue même appelé en arabe « Ya raï » (« mon discernement » ou « mon opinion »).

Plus tard, à partir des années 1980, elle est devenue une musique subversive qui a sauvé la tradition et l’a mélangée avec le  » rock « , le  » funk  » ou le  » reggae « . Les jeunes se sentent fiévreux, non seulement à cause de la musique, mais aussi à cause du drapeau révolutionnaire qu’elle représente, dans un pays qui vient d’assumer son indépendance et qui commence à marcher seul.

A cette époque, même les artistes se joignent à l’opération, en ajoutant le surnom « cheb » devant leur nom. Ainsi, l’un des plus grands fut le chanteur algérien Cheb Hasni, qui fut exécuté précisément pour avoir joué de la musique raï, un genre rejeté par le pouvoir en place, les libéraux et les membres islamiques. Aujourd’hui, il a sa propre Mecque.